Championnat du monde WKF à Tokyo

13 novembre 2008 | par Karim

DIVERS


Petite info utile, les championnats du monde sont retransmis sur le site http://www.universalsports.com

Finales jour 1 : kata equipes hommes et femmes, kumite equipes femmes


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Compétition : quand les parents s’emmêlent

22 octobre 2008 | par Karim

C'EST DU BELGE KUMITE DIVERS


Alors qu’il venait de terminer un combat très disputé, un compétiteur se tourna vers son père assis en haut des gradins et lui fit signe qu’il avait soif.
Le papa attentionné, croyant bien faire, dévala les marches quatre à quatre et tendit à son fiston un thermos de café. Le gamin, qui n’en demandait pas tant, rétorqua tout gêné qu’il aurait préféré une bouteille d’eau. Et son paternel de s’exclamer avec un magnifique accent liègeois “prend-le hein gamin… c’est bon pour c’que t’as ! ”

 

Notre compétiteur eut le temps de regarder autour de lui pour voir s’il y avait des témoins à la scène, et conclut au vu des sourires dessinés dans la foule de spectateurs qu’il n’échappa pas au ridicule.

 

Il déposa le thermos par terre et repartit résigné et desséché se préparer à la suite de la compétition.
Chose inattendue, la bêtise de son père lui attira la sympathie des spectateurs qui l’applaudirent et l’encouragèrent généreusement le long de son deuxième combat. Son adversaire n’était pas bien méchant, et notre ami sous son allure timide avait de plutôt bonnes jambes. Il en profita pour expédier la rencontre en moins d’une minute. Il pensa probablement que l’honneur était sauf, que sa dernière prestation ferait oublier l’épisode du thermos. C’était sans compter l’enthousiasme du père, qui ne put s’empêcher entre deux ” bravo m’fi ” de lancer un malheureux “montre-leur de qui tu tiens hein !” qui finit par plier en 4 toute l’assemblée.

 

3ème combat. Il se passait sur un autre tatami, un peu plus loin, ce qui donna l’occasion au père de déployer à souhait sa magnifique voix rauque. Le combat était plus difficile cette fois-ci, et notre ami, toujours desséché et accablé de honte avait du mal à gérer. Le père crut qu’il était bon à cet instant d’aller au delà des encouragements et de donner quelques instructions à son fils. “Frappe-le à l’estomac” cria-t-il de tous ses poumons. De temps à autre il variait ses conseils et préconisait tantôt un balayage, tantôt un coup de pied. Toujours avec autant d’élégance et de tact.

 

La fin du combat était proche, et notre ami était dominé lorsque son papa lui intima l’ordre d’une attaque suicide, histoire de ‘tenter le tout pour le tout’. Coïncidence ou pas, notre compétiteur fit un contre malheureux qui mit son adversaire au tapis. Son coup incontrôlé lui valut une disqualification, et son père entama une énergique protestation accusant l’adversaire de simuler la blessure. Il quitta la salle en exprimant bruyamment son désire de mettre son fils au “kick” plutôt qu’au karaté.

 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le spectacle fut assuré, au moins du coté des gradins. Souhaitons tout de même bon courage à notre compétiteur.


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Dérives de la compétition kata

14 octobre 2008 | par Karim

TENDANCES ET EVOLUTIONS KATA


L’esthétique du kata

 

“Quelle belle carrie !” S’exclamerait un dentiste en trifouillant sournoisement dans la bouche d’un malheureux patient.
Pourquoi dirait-on d’une carrie qu’elle est belle? Non pas que la carrie en question soit agréable à l’oeil, mais simplement parcequ’elle remplit pleinement la fonction qui lui incombe, celle de dévorer minutieusement ce qui reste dans une dent ramollie. L’esthétique renvoie d’abord à une notion d’efficacité.

 

En karaté, ça devrait être le même combat. Une belle technique (et par extension un beau kata), n’est pas un mouvement qui flatte le regard, mais bien un mouvement efficace, qui, une fois exécuté remplit la mission pour laquelle il a été créé. C’est en tout cas le sens que devrait avoir le qualificatif “beau” lorsqu’on parle d’arts martiaux.

 

S’il paraît évident, même pour un débutant, que l’esthétique n’a pas de place dans l’art martial, des questions se posent lorsqu’on s’attarde sur les compétiteurs qui passent un temps considérable à se corriger devant un mirroir, qui mesurent au centimètre la hauteur du pantalon, qui calculent le nombre de secondes à mettre entre le salut et la position yoï…

 

J’ai recencé ici une liste non exhaustive des travers régulièrement pratiqués lors de la compétition kata :

 

1. Le jeu théatral

 

Simuler un regard qui tue, se déchirer les cordes vocales avec des kiaïs dévastateurs, saluer pendant 5 secondes, prononcer le nom du kata avec une voix rauque et faussement virile… De la poudre aux yeux qui fonctionne trop souvent auprès de certains juges. Il suffit de regarder un kata par équipe pour se rendre compte de l’importance de la mise en scène.

 

2. Rythme saccadé

 

C’est parfois la preuve d’une certaine maîtrise. Exécuter les techniques de manière très nette est difficile. Mais il est tout aussi difficile de rendre ses techniques fluides. C’est un travail de patience, qui en plus d’être éprouvant mentalement nécessite paradoxalement une musculature solide. Car lorsqu’une jambe doit être souple, l’autre doit soutenir les reste du corps.

 

Le souci se pose d’autant plus lorsqu’on remplace une séquence qui devrait être fluide par une séquence hachée à tout bout de champ. Certaines techniques dans un kata doivent couler les unes sur les autres, et je ne vise pas que les mouvements lents.

 

Dans une vieille interview de karaté Bushido, l’entraîneur national français de l’époque déclarait qu’un kata devait ressembler à un film dont on aurait coupé des bouts de pélicule. Le moins de transition possible.

 

Cette tendance à découper un kata en séquences, à isoler les mouvements et les considérer indépendants les uns des autres n’est qu’une manière de travailler les katas, valable pendant un certain temps pour perfectionner la technique et gagner en puissance.
Il ne faut pas oublier de remettre le kata dans son contexte, à considérer qu’un mouvement n’a de sens qu’en fonction du mouvement qui le suit ou qui le précède.

 

3. Explosivité à tout prix

 

Intimement liée au point précédent, l’explosivité bien qu’indispensable est vicitime de son succès. A en devenir ridicule lorsque les techniques sont amputées, les yeux se plissent, les dents se resserrent et les positions flottent (pour peu qu’elles existent encore).
En devenant le critère le plus valorisant en compétition, un nombre croissant de jeunes compétiteurs délaisse l’aspect technique au profit d’une explosivité inefficace. Peu importe la puissance du tir s’il n’atteint pas sa cible.

 

4. Expiration sonore

 

Dans le meilleur des cas, il s’agit d’un réflexe incontrôlé, comme fermer les yeux pendant un mouvement. Dans le pire des cas, c’est une compensation à un manque de puissance, un simulacre de kimé.

 

5. Temps de pause interminables

 

Ce point est à la fois une conséquence de l’explosivité d’un côté et un besoin de théatraliser le kata de l’autre. Pour démontrer l’explosivite, il faut d’abord de l’inertie. Or c’est bien là le problème de la compétition : l’exagération, de plus en plus d’explosivité, et de plus en plus d’inertie… Lorsque j’etais compétiteur j’attendais que ma ceinture arrête de balancer après une séquence pour accentuer cette inertie avant de redémarrer. Je vis honteusement depuis quelques années avec cette image en tête, me rendant compte du ridicule de la situation.

 

6. Substitution de techniques

 

Lorsque de nouveaux mots apparaissent dans les Larousses et autres Roberts, ils ont auparavant fait leur preuve, ils sont issus d’une culture et ont acquis un sens subtile qui les différencie un tant soit peu de leurs synonymes académiques.
Par contre, lorsqu’un mouvement fait son apparition dans un kata, c’est parcequ’un compétiteur influent décide que c’est plus joli ainsi.

On a donc vu Maurino exécuter sochin avec un yoko kékomi au championnat d’Europe en 1996. Coup de pied qui a vite évincé tous les yokos kéagés des autres katas. Pire, on a même rajouté un yokotobi geri dans chatanyara, car le saut n’était pas assez spectaculaire. Heureusement cette version n’a pas semblé faire long feu, et a vite été sanctionnée par les juges. Encore un aveu, je dénonce ici une pratique à laquelle j’ai moi-même pris part. Cette adaptation de Chatanyara ma donné envie de l’apprendre et de participer avec à quelques compétitions.

 

7. Un compétiteur kata doit être petit

 

Bien qu’il y ait quelques exceptions, et non des moindres (Valdesi 1m80) le kata reste le domaine privilégié des personnes de petite taille. C’est encore ici une conséquence de cette recherche d’esthétique. A technique égale, un petit sera plus harmonieux qu’un grand. Il sera également plus rapide vu que ces membres seront plus courts. Et sera donc favorisé par les juges.
La réponse des grands à cette injustice étant d’essayer de jouer sur la présence. Ils occupent le tatamis, misent sur la puissance et tentent d’accélérer leurs mouvement, ce qui nous ramène au point 3.

 

8. Tous les katas ne se valent pas

 

En tout cas, l’appréciation des katas fluctue selon les tendances. C’est ainsi qu’à l’époque de Millon, les compétiteurs shotokan exécutaient quasi unanimement et dans l’ordre empi, kankusho et unsu. Alors que pour les shitos c’est Annan et Superinpei qui dominaient. De nos jours, c’est Gankaku qui semble être le kata le plus apprécié des compétiteurs shoto, et Chatanyara (ou matsumura bassai dans une moindre mesure)pour les shitos.
Je pense que Valdesi a réintroduit gankaku, alors que matsumura bassai (un kata dont la principale attraction est un mouvement en équilibre avec le corps particulièrement penché vers l’avant) a été redécouvert grâce à Hasegawa.
D’autres katas par contre sont bannis des compétitions comme chinte, meikyo, jitte, jiin…

 

On m’a raconté qu’à une époque, on autorisait les compétiteurs à faire Hangetsu torse nu. Sans surprise, c’est rapidement devenu le kata préféré des jeunes hommes bronzés aux cheveux gominés et aux pectos tracés.

 

9. Et toi, t’es plutôt Millon, ou plutôt Valdesi ?

 

Cette réflexion entendue chez un gamin dans les gradins d’une compétition m’a fait sourire, mais révèle cette tendance qu’ont les compétiteurs à mimer leurs modèles. A attribuer un style à un champion, et se conformer de manière aveugle à son travail. Rappelons que si Millon et Valdesi ont atteint les plus hautes marches du podium, c’est uniquement parcequ’ils ont apporté quelque chose de nouveau et d’inattendu.

 

Pour conclure

 

Se regarder dans un miroir, se soumettre au jugement d’un oeil extérieur, s’aider d’une caméra pour améliorer son kata ou comparer ses performances aux champions actuels est un passage obligé pour tout karatéka et surtout tout compétiteur kata.
Mais ne devrait pas constituer la partie la plus importante de l’entraînement vu qu’on ne traite ici que l’aspect extérieur.

 

Il est bon parfois de sentir son kata de l’intérieur en fermant les yeux, vérifier ses appuis, la répartition de poids, ressentir le placement de la hanche et de la colonne vertebrale.
Une pratique sincère est très contraignante, car il s’agit ici de ne jamais sacrifier sa technique, éviter les effets qui “donnent bien”, rester simple et ne jamais perdre des yeux l’objectif final.

 

A noter que des points du règlements interdisent la majorité des dérives soulevées ci-dessus, mais de là à ce que celui-ci soit appliqué à la lettre, les katamen de pacotille ont encore de beaux jours devant eux.


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Stage Johnny Gence

9 octobre 2008 | par Karim

TENDANCES ET EVOLUTIONS TECHNIQUE DIVERS


J’ai écrit un post il y a quelques mois concernant le stage de Johnny Gence auquel j’avais pris part avec beaucoup de plaisir. La bonne nouvelle, c’est qu’il revient, et je pense sincèrement que le détour en vaut la peine.
Les dates à retenir sont donc le 29 et 30 novembre, et ça se passe comme l’année passée à Jemeppe.
Les infos détaillées ici.


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Shimabukuro Zenpo 9ème dan, kushanku

15 septembre 2008 | par Karim

TENDANCES ET EVOLUTIONS PORTRAIT KATA


La version Sukunaihayashi Ryu du kata kushanku, exécutée avec un relachement et un engagement exemplaires.
Je suis impressionné par cette manière de fouetter les membres, typique à certains styles okinawaïens (voir la video de Shinzato sensei)

 


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Sochin

15 septembre 2008 | par Karim

TECHNIQUE KATA


Ce kata est un vrai défi pour la hanche. La position sochin du fait que les deux genoux sont pliés, est particulièrement difficile à tenir surtout lorsqu’il s’agit de faire des renzuki (double coup de poing) propulsés par la hanche. L’angle formé par les 2 genoux rend la rotation du bassin très difficile, et les zukis perdent alors l’apport de puissance généré habituellement par la rotation de la hanche lorsqu’on est en zenkutsu par exemple.

 

Cette vidéo nous montre qu’il s’agit nullement d’une fatalité, et que physiologiquement il est tout à fait possible de bénéficier de cette propulsion, moyennant sans doute des assouplissement spécifiques.

 


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Idrizi

2 août 2008 | par Karim

PORTRAIT KUMITE


Idrizi est croate, et a été pendant les années 90 plusieurs fois champion d’europe et médaillé aux championnat du monde. Ce compétiteur possède probablment l’un des ushiro (coups de pied retourné) le plus efficace qu’il y ait eu sur le circuit.

 


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Yamamoto exécute Unsu

29 juillet 2008 | par Karim

KATA


Yamamoto lors d’un championnat universitaire. Un exemple de fluidité, et une attention très particulière aux déplacements, aux placements de pieds. Il cloture son kata par un magnifique saut, malgré une petite prise d’élan inutile à mon avis.
Le style est inimitable, purement japonais.

 


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Mimura : Unsu

21 juillet 2008 | par Karim

DIVERS


J’ai déjà écrit un post concernant Mimura, la voici à son meilleur niveau au championnat jka du japon en 1988 (voir la vidéo à partir de 4:00, juste avant on peut voir le gojushiho de kawano et le unsu de nakamura)

 


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US Open : rire ou pleurer?

11 juillet 2008 | par Karim

TENDANCES ET EVOLUTIONS KATA


J’aurais souhaité ne montrer sur ce blog que le meilleur du karaté, mais certaines pratiques ne peuvent être occultées tant elles sont ridicules et dégradantes pour le karaté et surtout le kata.

 

Alors que certains s’insurgent de ce que les italiens appellent “compositions libres” pour les katas inventés, faut-il s’étonner que la seule surenchère connue nous vienne des Etats-unis? La bas ils appellent ceci “kata traditionnel”. J’en connais qui se retournent dans leur tombe.

 


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