La version Sukunaihayashi Ryu du kata kushanku, exécutée avec un relachement et un engagement exemplaires.
Je suis impressionné par cette manière de fouetter les membres, typique à certains styles okinawaïens (voir la video de Shinzato sensei)
Ce kata est un vrai défi pour la hanche. La position sochin du fait que les deux genoux sont pliés, est particulièrement difficile à tenir surtout lorsqu’il s’agit de faire des renzuki (double coup de poing) propulsés par la hanche. L’angle formé par les 2 genoux rend la rotation du bassin très difficile, et les zukis perdent alors l’apport de puissance généré habituellement par la rotation de la hanche lorsqu’on est en zenkutsu par exemple.
Cette vidéo nous montre qu’il s’agit nullement d’une fatalité, et que physiologiquement il est tout à fait possible de bénéficier de cette propulsion, moyennant sans doute des assouplissement spécifiques.
Idrizi est croate, et a été pendant les années 90 plusieurs fois champion d’europe et médaillé aux championnat du monde. Ce compétiteur possède probablment l’un des ushiro (coups de pied retourné) le plus efficace qu’il y ait eu sur le circuit.
Yamamoto lors d’un championnat universitaire. Un exemple de fluidité, et une attention très particulière aux déplacements, aux placements de pieds. Il cloture son kata par un magnifique saut, malgré une petite prise d’élan inutile à mon avis.
Le style est inimitable, purement japonais.
J’ai déjà écrit un post concernant Mimura, la voici à son meilleur niveau au championnat jka du japon en 1988 (voir la vidéo à partir de 4:00, juste avant on peut voir le gojushiho de kawano et le unsu de nakamura)
J’aurais souhaité ne montrer sur ce blog que le meilleur du karaté, mais certaines pratiques ne peuvent être occultées tant elles sont ridicules et dégradantes pour le karaté et surtout le kata.
Alors que certains s’insurgent de ce que les italiens appellent “compositions libres” pour les katas inventés, faut-il s’étonner que la seule surenchère connue nous vienne des Etats-unis? La bas ils appellent ceci “kata traditionnel”. J’en connais qui se retournent dans leur tombe.
Dario Marchini a été fin des années 80 l’une des figures les plus marquantes du kata. 6 fois champion d’europe et plusieurs fois médaillé au championnat du monde Wuko.
Il exécute ici un goju shiho dai que j’aimerais qualifier de mythique, tant il surpasse ce que nous, petits jeunes compétiteurs soit-disant surentraînés (comprenne qui pourra ) faisons vingt ans plus tard.
Remarquez l’engagement du corps, la solidité des positions, la fluidité des déplacements. Le petit glissement en zenkutsu pendant les mouvements lents est d’une rare maîtrise. Je n’ai vu l’équivalent que chez Isaka sensei.
Remarquez également avec quelle assurance il termine son kata, le nekoashi dashi qui se place pile là où il faut, en gardant la hauteur du bassin et la verticalité du dos, alors qu’à ce moment du kata, la cuisse de la jambe d’appui (du nekoashi ) a déjà du supporter le poids du corps tout le long du kata et devrait être entrain de bruler de fatigue.
On peut être fier en Belgique d’avoir une poignée de compétiteurs qui ont décidé de ne pas se spécialiser, ne pas choisir entre kata et combat, et qui font le pari de pratiquer ces deux disciplines à un niveau international.
Cette tendance, lancée tout d’abord par Junior Lefèvre et qui semblait être une exception mondiale, a très vite fait des adeptes, notamment en la personne de Ricardo Viola il y a quelques années et actuellement Pierre Grifnée et Stéphanie Otten. Ces deux derniers, champions nationaux en kata et combat, se paient également le luxe de figurer régulièrement sur les plus hautes marches des podiums internationaux dans les deux disciplines.
Le challenge est de taille lorsqu’on connait la masse de travail nécessaire pour percer dans l’une des deux disciplines. Souhaitons leur de gagner leur pari.
Ci dessous un reportage qui dresse le portrait de Stéphanie Otten.
Toutes nos félicitations à Edouardo Pinheiro, 53 ans et un de nos professeurs, qui a réussi ce dimanche son 2ème dan FFKAMA. A noter qu’il était déjà 2ème dan SKI (fédération non affiliée à la ffkama) et confirme donc son grade de belle manière, grâce à sa technique rigoureuse et une motivation à toute épreuve.
8ème dan, d’une souplesse impressionnante, technicien hors pair autant en kata qu’en kumité, il est le successeur de Asai Sensei à la tête de la JKS (Japan karate shotorenmei)
Voici une vidéo où il explique Son Mawashi geri, remarquez la hauteur du genou et le buste qui reste à la verticale :